Invité d'honneur

Mahi Binebine

Rue du pardon (Stock)

Rue du Pardon : c’est dans cette petite rue très modeste de Marrakech que grandit la narratrice de ce roman, Hayat (« la vie » en arabe). Le quartier est pauvre, seule la méchanceté prospère. Ainsi, Hayat qui est née blonde suscite les ricanements de tous et fiche la honte à sa mère. Une jungle sordide l’entoure, avec un père au visage satanique et des voisines qui persiflent comme des serpents.

Tant de difficultés auraient dû avoir la peau de cette enfant, mais on ne peut pas détruire « la vie ». Comme un oiseau qui sort de sa cage, Hayat s’échappe, et ressuscite grâce à Mamyta, la plus grande danseuse orientale du Royaume. Mamyta est une sorte de geisha – chanteuse, danseuse, entraîneuse, amante. Une femme libre dans un pays fondé sur l’interdit. Elle est de toutes les fêtes, mariages, circoncisions… mais elle danse aussi dans les cabarets populaires fréquentés par les hommes. Dénigrée et admirée à la fois, ses chants sont un mélange de grivois et de sacré. Avec ses danses toute mélancolie disparaît. Hayat découvre comment on fait tourner la tête aux hommes, comment la grâce se venge de l’hostilité, comment on se forge un destin.
En lisant Mahi Binebine, on croit voir ces femmes danser sous nos yeux. Cette histoire est un accomplissement, ce récit un enchantement.

Marrakech noir présenté par Yassin Adnan

15 nouvelles noires, inédites en français, qui emmènent le lecteur hors des quartiers touristiques et dessinent un portrait
méconnu de Marrakech, pour une « immersion choc dans l’univers sombre de la ville ocre ».
Marrakech est ainsi la première ville d’Afrique du Nord à entrer dans la collection « Noir » (créée par Akashic Books, New York)
qui réunit sur le mode du « noir » une ville et des auteurs locaux.

La captivante Marrakech, surnommée La joyeuse par les Marocains, attire les touristes du monde entier.
« Viennent à elle ceux qui courent après le bonheur et les plaisirs nocturnes. Ses nuits sont flamboyantes et ses journées radieuses. »
Ses visiteurs parcourent avec enchantement les ruelles animées de son ancienne médina et se laissent envoûter par l’animation pittoresque
de sa célèbre place Jemaa el-Fna.
Les nouvelles rassemblées dans ce recueil dessinent cependant de la ville ocre, en en montrant ses facettes obscures,
un portrait complémentaire, et emmènent le lecteur hors des sentiers battus pour lui faire découvrir une autre Marrakech.
Les récits fictionnels des auteurs ici réunis par Yassin Adnan donnent ainsi au « noir », le genre littéraire qui pointe les
penchants les plus sombres de la nature humaine, certes son univers angoissant, pessimiste, choquant, critique, mais leur
plongée au plus profond de la ville n’est pas dénuée d’une certaine mélancolie quasi amoureuse pour la cité, qui fait de leurs « noires »
histoires des contes urbains savoureux, teintés d’une couleur crépusculaire tout à fait singulière, la leur.

Avec des textes de :
Halima Zine El Abidine, Mohamed Achaari, Taha Adnan, Yassin Adnan, Lahcen Bakour, Abdelkader Benali,
Mahi Binebine, Allal Bourqia, Hanane Derkaoui, Fouad Laroui, Fatiha Morchid, Karima Nadir,
Mohamed Nedali, My Seddik Rabbaj, Mohamed Zouhair.

Langues d’origine : arabe (Maroc), français, néerlandais.
Traduction de l’arabe : Catherine Charruau, Mohamed Hmoudane, France Meyer.
Traduction du néerlandais : Daniel Cunin.

Le Fou du roi (Le Fennec)

Je suis né dans une famille shakespearienne. Entre un père courtisan du roi pendant quarante ans et un frère banni dans une geôle du sud. Il faut imaginer un palais royal effrayant et fascinant, où le favori peut être châtié pour rien, où les jalousies s’attisent quand la nuit tombe.
Un conteur d’histoires sait que le pouvoir est d’un côté de la porte, et la liberté de l’autre. Car, pour rester au service de Sa Majesté, mon père a renoncé à sa femme et ses enfants. Il a abandonné mon frère à ses fantômes. Son fils, mon frère, dont l’absence a hanté vingt ans ma famille. Quelles sont les raisons du « fou » et celles du père ?
Destin terriblement solitaire, esclavage consenti…
Tout est-il dérisoire en ce bas monde ? Mon père avait un étrange goût de la vie. Cela fait des années que je cherche à le raconter. Cette histoire, je vous la soumets, elle a la fantaisie du conte lointain et la gravité d’un drame humain.

 

Le Seigneur vous le rendra (Le Fennec)

Un bébé est empêché de grandir, un enfant est privé d’éducation, de liberté, il ne pourra devenir un individu capable de réfléchir et de se développer, d’agir en être libre. Surnommé « P’tit pain », il va traverser des années noires où, dans sa position passive de mendiant, il peut observer les agissements des adultes, leur violence, leur corruption. Tout est dit ici dans la litote, mettant en relief les beautés d’âmes apparemment détruites, les corps saccagés, les visages noyés dans l’alcool et la maladie. L’enfant grandit néanmoins grâce au miracle de la vie, toujours imprévisible, et se défait de ses liens que l’on pourrait nommer ignorance, peur, sujétion. Libéré, il devient autonome et conscient. Pourra-t-il revoir un jour sa mère qui a pratiqué envers lui le non-amour jusqu’à l’abjection ?

Dans ce roman noir s’il en est, mais imprégné d’une folle espérance, d’une foi exacerbée dans les capacités de rémission de l’homme, Mahi Binebine utilise le ton du conte picaresque et philosophique pour réduire la part tragique, toujours présente, dans ces pages déchargées de la noirceur absolue par la permanence de l’humour, du sourire derrière les larmes retenues.

le-seigneur-vous-le-rendra

Né en 1959 à Marrakech, Mahi Binebine s’y est installé définitivement en 2002 après avoir longtemps vécu et travaillé à Paris, New York et Madrid. Le parcours de cet artiste est atypique : professeur de mathématiques à Paris, il quitte l’enseignement à la fin des années 80 pour se consacrer à l’écriture et à la peinture et, depuis peu, à la sculpture.

Plusieurs de ses romans traduits en une dizaine de langues l’ont confirmé comme l’un des écrivains marocains les plus talentueux.

Exposée notamment en France, à New York, en Allemagne ou aux Etats-Unis…, son oeuvre remarquée des importants critiques d’art et grands collectionneurs fait partie de nombreuses collections publiques et privées dont celle du Musée Guggenheim de New York, le Musée de Bank Al Maghrib, la Fondation Kinda, Le Musée de Marrakech, la Fondation Kamal Lazaar, la Société Générale, Attijariwafa Bank, le Crédit Agricole du Maroc, le CIH Maroc, la BMCE Bank, la Caisse de dépôt de et Gestion….

Revenir à la liste des auteurs

Tous les auteurs présents au festival :
Hicham Houdaïfa Ahmed Fertat Omar Fertat Mital Ziyadi Fatiha Moufak Jalil Bennani Fatima Gueisser Abdelghani Fennane Moha Souag Lucile Bernard Ahmed Louisi Mahi Binebine Tahar Ben Jelloun Lilya Zekraoui Léonora Miano Viktor Lazlo Najat Dialmy Fatiha Karkaba Siham Bouhlal Al Azalya Rabiaa Bouznad Nadia Mouttafiq Noureddine Bazine Muriel Augry Abdellah Baïda Jean-Yves Maisonneuve Mohamed El Boughali Parola Abdelkhalek Jayed Alaa Kaid Hassab Mohamed Nedali Ouadih Dada Halima Hamdane Valérie Trierweiler Emmanuel Pierrat Philippe Bichon Zineb Mabssout Fatima El Bouanani Souad Jamaï Mohamed Aït Laamim Faouzia Moundib Véronique Sédro Mohamed Chouika My Seddik Rabbaj Abdelhaï Sadiq Izza Fartmis Maryam Abdelmajid Boureddad Eve Duciel Abdelkebir Al Manaoui Youssef Wahboun David Foenkinos Imane Kendili Abdelhak Najib Soufiane Marsni Abdelaziz Lhouidek Abderazzak Benchaâbane Miloudi Nouiga Henri Michel Boccara Evelyne Dress Isabelle Six, Benoît Maire et Brahim Bakass Yassin Adnan Jean-Marie Heydt Ghizlaine Chraibi Youssef Gharnit Abdellatif Aadil Patrick Poivre d'Arvor Meryem Hadj Hamou Mohamed Ouissaden
Les partenaires du festival

Comment devenir partenaire ?